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SUPERSCREAM

Interview réalisée par M@x Born
le 29 mai 2017, au Black Dog, Paris



Le moins que l'on puisse dire, c'est que le style metal progressif n'est pas largement représenté en nos contrées. Alors quand SUPERSCREAM, un bon groupe... de prog sort un bon album... de prog, quoi de plus intéressant que d'aller interroger son bassiste ? Dans la cave obscure d'un bar parisien, rencontre avec le très sympathique Stéphane.

UR : Je vous découvre avec cet album, peux-tu nous parler de la naissance du groupe ?

Stéphane : Superscram est le projet parallèle d’Eric et Phil qui faisaient partie d'un groupe plus rock que metal. Tous deux avaient très envie de faire du metal et, quand ils ont eu plus de temps pour s'y consacrer, Phil a écrit des morceaux et Eric y a posé son chant. Ils se sont adjoint les services de musiciens pro comme eux pour enregistrer leur album. A la fin du processus, l'envie de monter Superscream est venue et chacun a décroché son téléphone pour rechercher un guitariste, un clavier, un batteur et un bassiste. Ils m'ont fait l'immense honneur de me solliciter, j'avais croisé Phil dans le cadre de mon groupe tribute to Deep Purple où il était guitariste remplaçant.
Après quelques soucis de line-up, un batteur ne se reconnaissant pas dans le style joué et un claviériste sous-employé, nous avons décidé d'engager un second guitariste pour donner un peu plus de punch, c'est Daniel, un vieux copain avec qui j'ai commencé la musique il y a une vingtaine d'années. Trouver Martin à la batterie a été plus difficile.

UR : tu n'es pas sur le premier album, du coup ?

Stéphane : non mais je suis sur le clip

UR : du coup, cette sortie a une saveur particulière pour toi ?

Stéphane : oui, c'est juste magique, nous y avons mis beaucoup de cœur, beaucoup d'amour, de sueur et aussi de stress. C'est un grand moment dans la vie d'un musicien de sortir un album, de surcroit son premier album

UR : vous avez pris tout votre temps dis-moi,

Stéphane : oui, "Some Strange Heavy Sound" n'était pas censé avoir de successeur, donc cela a pris neuf mois à Phil d'écrire la musique. Notre processus de travail est très déterminé puisque Phil s'occupe de toute la musique, nous l'envoie avec les partitions, on adapte en répèt’, on travaille tous ensemble pour voir ce qui est réalisable. On bosse tous les cinq, même si Eric n'a pas encore ses textes, il a ses lignes de chant. Une fois que ça tient la route on passe aux paroles. En studio, certaines modifications ou des essais ont été faits, notamment sur les lignes de basse avec Phil, nous étions tous les deux en studio et nous avons testé des choses pour aller au plus efficace et porter le morceau. Idem sur les autres instruments, à se poser des questions et parfois pour faire de la daube (rires).

UR : avez-vous une référence commune en termes de goûts musicaux ?

Stéphane : On cite beaucoup Dream Theater, surtout Phil, Dan et moi, ce n'est pas une source d'inspiration, nous sommes fans de Pain Of Salvation, de Queensrÿche, je suis un mordu de Megadeth, j'ai baigné dans le Maiden jusqu'à m'y noyer. Chacun a ses propres influences.

UR : on peut aisément vous catégoriser comme groupe de metal progressif, en France ils ne sont pas légion, vous ne vous sentez pas un peu seul ?

Stéphane : franchement, on ne s'est pas posé la question, mais oui. Il n'y pas beaucoup de groupes qui émergent, Mass Hysteria, Gojira que j'aime beaucoup mais sinon, il n'y en a pas trop. Alors que je suis sûr qu'il y en a d'excellents. C'est bien dommage

UR : dix titres c'est presque un format à l'ancienne, la durée de l'album est plutôt raisonnable, c'est volontaire ?

Stéphane : oui, 51 minutes, pour être précis, et ceci afin de ne pas être indigeste, il y a quand même des morceaux de bravoure "The Engines Cries" fait plus de six minutes et des formats plus courts, type tractopelle. C'est de la musique faite pour la scène, en concert il ne faut pas que ce soit une seule émotion.

UR : j'ai eu l'impression de ne pas me perdre à l'écoute de l'album

Stéphane : on ne voulait pas faire de la musique pour musiciens, c'est pas de la déboulade, pas de la démonstration, nous avons le potentiel pour faire du costaud, du lourd, sans que cela soit insipide.

UR : J'ai trouvé quelques clins d'œil, un côté refrain très 90's - Punk'n Roses dans "Velvet Cigarette", "Your Necklace Of Bites" pourrait être un classique du Whitesnake des 80's ...

Stéphane : oh oui, je verrais bien Coverdale chanter ce titre, ce serait pas mal !

UR : ...et par opposition "Where's My Mom?" sonne très modern jazz groovy et son chant extrême, est-ce au service des paroles, d'un concept ?

Stéphane : alors non, ce n'est pas un concept album mais il y a un fil directeur. Sur "Where's My Mom" je me suis retrouvé à jouer des lignes de basse hyper jazzy, les guitares sont accordées en si, Eric grogne un texte super drôle, c'est notre côté un peu burlesque. C'est l'histoire d'un personnage qui dit ne pas avoir peur des personnages de films d'horreur : il côtoie Freddy, Jason, Carrie mais il n'a peur que d'une seule personne, c'est sa mère. Je te laisse imaginer ce que nous en faisons sur scène.

UR : j'ai effectivement vu quelques vidéos où il y a beaucoup de mise en scène

Stéphane : au Hellfest Phil a été bluffé par Alice Cooper. Eric est chanteur lyrique à l'opéra, il est ténor de métier, le théâtre est quelque chose qui lui parle. Nous nous sommes engouffrés là-dedans, nous avons chacun un rôle à jouer sur scène en proposant quelque chose de très visuel. Notre musique est autant auditive que visuelle. Notre philosophie n'est pas du tout de rester figés sur scène en regardant nos manches.

UR : parlons visuel et plus précisément artwork : quel est ce liquide, breuvage fuchsia présent sur la pochette et également présent sur scène ? Serait de la Super-cream ?

Stéphane : ça peut oui, le liquide rose-violet c'est de la Evil Cream, notre fil rouge sur l'artwork et sur scène. On ne sait pas trop s'il est divin, extraterrestre, magique, mais c'est le breuvage qui transforme tout être humain en métalleu, on tourne à ça (rires) !

UR : cet océan blanc serait la musique de masse et ce liquide, navigant sur une sorte de baignoire bateau steampunk, votre musique ?

Stéphane : exactement ! Regarde, il y a un biberon de Evil Cream, nous avons été bercés à ça, on n’a pas la carrure d'Obélix mais nous sommes tombés dedans tout petits !

UR : le titre "Ways Out" a quelques sonorités Kasmir de Led Zep, qui a joué des percus ?

Stéphane : aucun de nous, c'est de la programmation, ce ne sont pas des rajouts mais c'est pensé dès le départ. Quand Phil écrit un morceau, ce n'est pas du metal standard classique où on ajoute un instrument oriental, c'est une partie intégrante et pensée.
Les percus ont donné naissance à d'autres choses, la rythmique est hyper axée là-dessus, ma ligne de basse colle aux percus, il fallait que je roule sur la percu, c'est une expression "rouler sur percu" (rires).

UR : sur votre site, vous annoncez un DVD ? Est-il possible d'en savoir plus ?

Stéphane : il est tourné depuis un petit moment déjà car les titres de l'album sont joués en live depuis plus d'un an. Nous avons fait une semaine de résidence à l'Arcade à Notre Dame De Gravanchon où le concert a été filmé dans son intégralité avec la scénographie, les décors, la Evil Cream en litrage industriel, les machines... Le montage vidéo est hyper avancé ainsi que la post prod musicale. Cela ne sortira pas tout de suite, par contre, dans un an peut-être, mais on a zéro pression.
Par contre, le clip est terminé, c'est la mise en image de "The Egine Cries", dans un esprit sombre, très sombre, avec, bien sûr, de la "Evil Cream". C'est un clip qui dure 9 minutes 30.

Le site du groupe : http://www.superscream.com/

M@x Born
 





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