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T H E  D E A D  D A I S I E S

Propos recueillis par Stn le 15 juin 2015





En Juin dernier, The Dead Daisies étaient en promo à Paris. C'est donc très stressé que je suis allé à la rencontre de l'une de mes plus grosses idoles : Richard Fortus, accompagné de Dizzy Reed, pour une interview très détendue.

Ultrarock : Est-ce que vous pouvez me parler du nouvel album, « Revolucion » ? ll me semble que c'est un clin d'śil à votre tournée Cubaine ?

Richard Fortus: En fait, tout le processus de l'Album a démarré là-bas. On a enregistré deux morceaux là-bas puis on a eu l'idée d'y faire une tournée car on y a été invités, parce qu'en tant qu'Américain, tu dois être invité pour aller là-bas.
Dizzy Reed : On était très excités à l'idée de faire ce voyage mais aussi à l'idée de grandir en tant que musiciens et d'expérimenter de nouvelles choses.
Richard Fortus : Exactement ! Nous avons saisi cette opportunité et ça a démarré l'engrenage, avec ces deux morceaux et le fait de jouer avec des musiciens Cubains.
Dizzy Reed : C'était génial, une expérience vraiment cool ! ça a apporté une sorte de vague d'inspiration au groupe !

Ultrarock : Donc vous n'aviez pas de projets concernant un nouvel album avant ça ?

Dizzy Reed : On avait quelques chansons écrites et enregistrées mais on les a réenregistrées là-bas, donc finalement c'est tombé au bon moment.
Richard Fortus : Oui, et nous savions que nous devrions sortir un nouvel album.
Dizzy Reed : Oui, ça serait arrivé, de toute façon.

Ultrarock : Mais en quoi ce voyage vous a-t-il influencés ? Car j'ai vu énormément de vidéos des répétitions, avec tous ces musiciens cubains justement.

Richard Fortus : Cool ! Oui parce que nous avions Darryl (Jones / The Rolling Stones) et Bernard (Fowler / The Rolling Stones) avec nous.
Dizzy Reed : Et John (Corabi) ! Et Marco (Mendoza) ! (Rires)
Richard Fortus : Oui. En réalité ça c'était plus une expérience qu'autre chose..

Ultrarock : Et ça ne vous a pas influencés musicalement de jouer avec ces personnes ?

Richard Fortus : Il y a beaucoup d'excitation autour du Rock N'Roll à Cuba et ça a ravivé notre étincelle de voir tout ça parce que je pense qu'en Europe et aux US, les fans de Rock sont trop pointilleux de nos jours. C'était super cool de voir les gens devenir fous à l'idée de vivre un concert de Rock en Live.
Dizzy Reed : Carrément, et en plus il y a des tas de super musiciens issus de différents groupes là-bas.
Richard Fortus : Je pense que c'était ça la chose qui nous a inspirés.
Dizzy Reed : ça et les Monacos !

Ultrarock : Et pourquoi avez-vous enregistré cet album au Studio 301, à Sydney ? Car, maintenant, il y a plus d'américains que d'australiens dans le groupe…

Richard Fortus : P arce que le groupe a démarré en Australie et David, l'autre guitariste, devait se trouver là-bas pendant l'enregistrement. De plus, il avait déjà des liens avec ce studio-là, notre management se trouve là-bas etc... Donc ça allait de soi en quelque sorte..
Dizzy Reed : Et tu sais quoi ? Sidney est une super ville !
Richard Fortus : Absolument ! Donc voilà, c'est pour ça...

Ultrarock : Donc pas de raisons liées au producteur ?

Richard Fortus: Non.  

Ultrarock : La question à laquelle vous ne pouvez pas échapper : pourquoi John Corabi au chant ?

Richard Fortus : Tu l'as déjà entendu chanter ? C'est un super chanteur, c'est pour ça. (Rire)

Ultrarock : Oui je sais mais pourquoi avoir changé de chanteur ?

Richard Fortus : Steven, notre ancien chanteur, il est incroyable ! L'un de mes chanteurs préférés ! Mais il a d'autres projets et... (Soupir) Nous avions besoin de changer ! John Corabi était ami avec Dizzy et ils ont déjà travaillé ensemble.
Dizzy Reed : Oui on a fait énormément de concerts ensemble avec des groupes ou juste à deux et je savais qu'il était à Nashville à ce moment. Tu sais l'album qu'il a fait avec Mötley Crüe est l'un de mes albums préférés et, comme je le disais, je le connais vraiment bien et je sais ce que c'est de travailler avec lui et d'écrire des chansons avec lui, et il est génial !
Richard Fortus : Nous venons à peu près tous du même contexte et il a direct compris le truc ! Ce groupe est très classique au niveau des influences, des groupes avec lesquels nous avons grandi...
Dizzy Reed : Moi je préfère dire « Retro  ».
Richard Fortus : Dizzy préfère dire « Retro »... J'aime résolument le mot « Classique »...
Dizzy Reed : Ouais mais sur la prochaine interview tu diras « Retro ».
Richard Fortus : On peut peut-être inventer un nouveau mot non ? « Cletro »…
Dizzy Reed : C'est très Cletro.

Ultrarock : Et quelle est la grosse différence entre travailler avec John et travailler avec Steven ? Car le nouvel album sonne bien plus Bluesy je trouve !

Dizzy Reed : Tout vient du Blues.
Richard Fortus : Je pense que ça sonne plus 70's qu'avant et, pour moi, quand j'écoute cet album, j'entends Rick Derringer, Steve Miller, Deep Purple, Faces et tout ça...

Ultrarock : Personnellement je trouve que certains morceaux sonnent très « Free »..

Richard Fortus : Oui, absolument !  

Ultrarock : J'ai entendu dire que vous avez écris 16 chansons en moins de 3 semaines pour cet album...

Richard Fortus : En réalité, on a écrit la plupart des chansons en une semaine je crois. Puis enregistré et mixé le tout en cinq semaines.  

Ultrarock : Comment avez-vous écrit ? Y a-t-il un leader ou est-ce le fruit d'une collaboration entre vous tous ?

Richard Fortus : On s'assoit dans une pièce et on échange nos idées. J'avais quelques idées sur mon ordinateur mais c'est tout. A chaque fois que quelqu'un a quelque chose, on commence à le développer et à travailler dessus.
Dizzy Reed : Oui, voilà, si un guitariste à un riff, moi j'essaye de trouver un refrain de mon côté, on fait le tri dans ce qu'on a et on se dit « ok, travaillons sur ça ».
Richard Fortus : C'est comme ça que ça doit se passer. On s'assoit dans une pièce, on compose et après on se retrouve dans une autre pièce pour jouer ce qu'on a écrit. (Rire)
Dizzy Reed : Et après on enregistre !
Richard Fortus : C'est très différent de la façon dont sont faits les albums de nos jours.
Dizzy Reed : En fait, on avait un but avec un temps imparti et personne ne s'est plaint. Parfois, nous voulions rester tard le soir mais les techniciens ne peuvent pas travailler comme nous le faisons, donc nous nous donnions à fond tous les jours.
Richard Fortus : C'était une bonne expérience de faire cet album et je pense que, quand tu enregistres, tu t'adaptes au temps que tu as. Si tu t'accordes un an pour faire un album, alors ça prendra un an.
Dizzy Reed : Et si tu n'as pas de limite de temps, ça peut prendre énormément de temps ! (Rire)

Ultrarock : C'était différent du premier album ?

Richard Fortus : Non. On n'a pas joué sur le premier album, ça a été fait avant que nous arrivions, mais je pense que tu parles de l'EP que nous avons fait ensemble. Et ça s'est fait exactement pareil, en quelques jours.
Dizzy Reed : On s'est assis dans un appartement à New York, on en a ressorti 4 chansons, on les a enregistrées le jour d'après et on a fait les voix une fois la tournée finie, ce qui a aussi pris deux jours. Donc voilà, cinq jours.  

Ultrarock : J'aimerais pouvoir faire ça. (Rire)

Richard Fortus : Tu peux. Si tu te limites, tu peux le faire ! Là, on n'a pas eu le choix, on nous a imposé un certain délai pour composer et enregistrer, mais Dizzy a bossé sur son album solo pendant un certain temps...
Dizzy Reed : Il est fini maintenant. Ça m'a pris 7 ans. Mais il ne faut pas faire quelque chose dont tu n'es pas sûr. Si ce n'est pas prêt, si tu n'es pas content de ce que tu as fait, ne sors rien.

Ultrarock : C'est quoi la bonne recette pour un morceau de « The Dead Daisies » ? Comment faites-vous la part des choses ?

Richard Fortus : L'avantage d'avoir un temps imparti, c'est que nous n'avons pas le temps de trop penser et de trop nous poser de questions sur les solos ou les structures. Comme ça devait être fait vite, nous y allions au feeling.
Dizzy Reed : Et c'était vraiment un travail d'équipe ! Ça ne marche que si tous les musiciens se font confiance et se respectent, bien sûr il faut que tu donnes ton opinion si tu n'aimes pas quelque chose, mais là est la clé.
Richard Fortus : Et je pense que nous sommes tous suffisamment matures pour bien faire les choses.
Dizzy Reed : C'est comme ça que tu restes dans ce Business.
Richard Fortus : Oui voilà, mais si trois d'entre nous préfèrent ce refrain, ou ce riff, alors on change.
Dizzy Reed : Et en tant que claviériste, je n'ai aucun problème à avoir de la retenue sur ce que je joue, si certains passages n'ont pas besoin de claviers alors je n'en mets pas.
Richard Fortus : Et c'est pour ça que ça marche toujours avec Dizzy et qu'il est l'un de mes claviéristes préférés. La musique, ça consiste à savoir jouer, mais aussi à savoir ne pas jouer. C'est également pour ça que Marco est l'un de mes bassistes préférés, il est monstrueux techniquement mais il sait rester simple dans son jeu. On est là pour jouer des chansons et non pour jouer pour nous-mêmes, et c'est quelque chose que tout le monde a compris dans ce groupe !

Ultrarock : Je trouve ça génial comme point de vue !

Richard Fortus : C'est pour ça que le groupe est là où il est. C'est pour ça que tout le monde est investi et motivé, parce qu'on se comprend sur ce point. Et on est suffisamment chanceux d'être capables de faire ça parce que la partie la plus dure dans un groupe, c'est de trouver des musiciens qui ont le même sens de la musique que toi. On est vraiment chanceux de pouvoir jouer ensemble, parce qu'on est aussi limités géographiquement. Dizzy est à Los Angeles, je suis à Saint Louis, John est à Nashville, David à Sidney...
Dizzy Reed : C'est aussi très important de donner le meilleur de soi-même. Tu ne peux pas te prendre trop au sérieux, on joue du Rock N'Roll ! Et je pense que c'est sain et essentiel de prendre ça en compte... Aller boire un verre et déconner, c'est important dans un groupe, ça influe beaucoup sur ce qui se passe en studio.

Ultrarock : J'aime beaucoup la dynamique des chansons.

Richard Fortus : Cool ! Ça sonne très classique je trouve.
Dizzy Reed : Oui les dynamiques sont bonnes. C'est aussi l'un de mes mots préférés.
Richard Fortus : C'est vrai ?
Dizzy Reed : Pas vraiment. Le langage de la dynamique... ça n'a aucun sens désolé. (Rire)  

Ultrarock : Vous devenez de plus en plus gros, est ce que vous pensez que c'est juste parce que vous êtes un super-groupe, plein de Rockstars ?

Richard Fortus : On n'en sait rien, pour être honnête ! On ne sait même pas que les gens parlent de nous, mais c'est super !
Dizzy Reed : Encore une fois, c'est parce que nous fonctionnons bien ensemble. Tu ne peux pas juste prendre cinq Rockstars et les mettre dans le même groupe, ça ne marche pas toujours pour énormément de raisons. Une fois de plus, nous sommes chanceux, nous avons un but qui est de faire de la bonne musique et c'est tout ce qui nous importe.
Richard Fortus : C'est très dur pour nous de te dire comment les choses marchent. On n'en sait rien si les gens parlent de nous ou pas, on vit dans une bulle et on est trop préoccupés par tout ce qui se passe dedans. Hier, nous avons joué au Download Festival à onze heures du matin, les gens venaient juste de se lever et le public était génial ! C'était vraiment excitant de voir ces milliers de personnes venir à nous, car, quand nous avons commencé il n'y avait personne devant la scène !! Et le top, c'est que, devant la grosse scène, il n'y avait que quelques centaines de personnes.
Dizzy Reed : C'est génial de voir que ça marche !! Faudrait que je regarde mon compte Facebook.

Ultrarock : Qu'est ce qui est le plus fun, justement : jouer ses propres morceaux à 11 heures du matin avec « The Dead Daisies » ou jouer des morceaux que vous n'avez pas écrit, en tête d'affiche avec « Guns N' Roses » ?

Richard Fortus : Jouer ses propres morceaux avec GNR.
Dizzy Reed : Une bonne chanson est une bonne chanson, que ça soit une reprise ou non... J'adore jouer le répertoire de Guns N'Roses mais j'adore aussi jouer celui de « The Dead Daisies » et les reprises que nous faisons.
Richard Fortus : C'est génial de pouvoir vivre de sa musique, donc tout est plaisant à jouer, vraiment !

Ultrarock : Je trouve ça cool que vous soyez en tête d'affiche avec GNR mais que vous ayez aussi un petit groupe à côté.

Richard Fortus : C'est cool pour nous aussi !
Lizzy Reed : Carrément.  

Ultrarock : Et à quand une vraie tournée en tête d'affiche avec « The Dead Daisies » ?

Dizzy Reed : On essaye de caler des dates en Angleterre et en France, ça serait génial ! 

Ultrarock : Et le Hellfest ?

Richard Fortus : On y a joué avec Guns N' Roses et aussi avec Thin Lizzy pour ma part, c'était génial ! J'aime vraiment ce festival, c'est super chouette, il y a des tonnes de groupes à voir là-bas ! Enfin avec Guns c'est plus compliqué, parce qu'on arrive tard, donc on ne peut rien voir, on joue et on repart. Mais avec Thin Lizzy, on avait plus le sens de la communauté. J'en garde un bon souvenir, on avait été là toute la journée et les festivals sont géniaux pour nous parce qu'on peut y voir tous nos potes, que ce soit des artistes ou des techniciens avec qui on a bossé par le passé.
Dizzy Reed : Je m'en souviens, c'était bien !

Ultrarock : Pour finir, j'avais une question pour toi Richard, peux-tu m'en dire un peu plus sur ces guitares en métal que tu utilises ?

Richard Fortus : Bien sûr, elles sont faites par un Français nommé James Trussart. C'est des guitares super cool, j'ai fait une interview pour Guitar Part juste avant et ils sont également super fans de son travail eux aussi. Il vit à L.A. maintenant mais il fait de loin les meilleures guitares que j'aie jamais eues.  

Ultrarock : Donc c'est que du Custom Shop ?

Richard Fortus : Non absolument pas ! Il fait des guitares en séries mais elles sont top. Elles ont des sonorités qui leur sont propres, j'adore. J'utilise une strat avec « The Dead Daisies » mais j'ai aussi une Les Paul, qui sonne mieux qu'une Les Paul. J'utilise ces deux-là sur l'album ! Le tout sur un ampli Vodoo qui m'est propre et un Marshall Plexi 1969.

Stn.

 

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