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i   n   t   e   r   v   i   e   w   s
 
T I G E R L E E C H

Interview réalisée par Doro', le 08 juillet au Black Dog, Paris.
 

Pour la sortie du premier album de Tigerleech, nous avons rencontré Sheby, chanteur et principal compositeur du groupe, pour discuter de « The Edge Of The End », en long, en large et en travers…


Bonjour Sheby. Merci de m’accorder cette interview. Peux-tu me présenter Tigerleech ?

Le groupe existe depuis 2013 et a changé de membres au fur et à mesure. En 2015 tous les membres qui étaient là, mis à part moi, avaient bougé car, au début, il y a plus ou moins de personnes investies. La même année Olivier, le batteur, est arrivé. En 2016, Fabien, à la guitare, est venu solidifier la structure du groupe. Et ensuite, il y a eu le problème du bassiste, mais on a trouvé Gabor, qui est hongrois, qui est arrivé en 2017. Donc même si le groupe existe depuis 2013 et qu’on a fait un premier EP en 2014 et le second en 2017 avec Gabor, qui a quitté le groupe par la suite, mais qui est revenu après un petit break d’un an, entre temps on a continué à jour avec un autre bassiste, faire des morceaux etc… puis on s’est dit que la prochaine étape ce sera un album. On a travaillé quelques morceaux jusqu’au retour de Gabor qui a travaillé d’arrache-pied pour se remettre à niveau. Après ça, on est partis enregistrer notre premier album en février.

Qui s’est occupé de quoi dans l’album finalement ?

Pour les compositions, c’est Fabien qui nous amène des riffs, qui fait ses petites structures de morceaux et ensuite on les retravaille en répét’ où on change, on enlève certaines parties. On fait notre petit collage et, si tout le monde est content, on a notre petit morceau. Pour ce qui est des paroles, je les retravaille chez moi, je fais quelques petites envolées lyriques pendant les répét’ (rires), un peu de yaourt ou chantonne pendant les répét’, mais le plus gros du travail, je le fais chez moi. Puis on les retravaille tranquillement en groupe après.

De quoi t’inspires-tu pour écrire les morceaux ?

Il n’y a pas vraiment de groupes qui m’inspirent, c’est plutôt un état d’esprit. J’écoute un peu la radio, je vais sur internet et toutes les informations que je reçois font qu’il y a des sujets qui me touchent, qui me choquent même. J’ai envie d’écrire sur tel ou tel sujet car ils m’ont interloqué.

Est-ce qu’il y a un message particulier que vous avez voulu transmettre à travers cet album ?

Pas spécialement. Comme c’est un premier album, on a voulu tout mettre sur la table, c’est plutôt une énergie un peu brute qu’on a sortie comme ça. C’est pour ça qu’il y a différents morceaux, on ressent différentes influences. C’est un premier jet.
J’écris sur des sujets d’actualité, un peu sombres, enfin c’est mon regard par rapport à certaines choses qui font que j’écris des paroles assez sombres. C’est pas très positif, en fait, c’est plutôt le fait que je pointe sur ce qui ne va pas. Ce sont des sujets variés, « The Edge Of The End », le titre de l’album, signifie « La fin de l’humanité », le non-respect de l’homme par rapport à la planète sur laquelle il vit. « Sandstorm » parle d’une femme battue, « Awkward » c’est plus sur les lanceurs d’alertes, même sur les journalistes qui dénoncent des choses. Bien que ce ne soit pas facile pour eux aujourd’hui, le travail de journaliste est devenu très difficile en soi. Tout est devenu un peu plus sensible, plus difficile. Finalement, je ne vois que le côté sombre de l’humanité (rires).

Et donc, tout ça, vous le traduisez par du Thrash Metal, voire du Stoner, parfois. D’ailleurs, il y a beaucoup plus de Stoner que de Metal Extrême…

Ah oui ! On n’est pas du tout dans le domaine de l’Extrême, c’est sûr. On a du mal à se définir nous-mêmes mais c’est un mélanger de Stoner, Metal, Hardcore avec des variantes suivant les morceaux. Fabien aime bien tout ce qui est Metal ou Thrash, par exemple, moi, j’ai plutôt une influence HardCore/Punk et les autres ont d’autres influences. Mais je pense qu’on a réussi à ressortir un truc personnalisé avec toutes nos influences.

Je trouve que l’album est très bien construit et que, justement, on voit bien toutes ces variations…

On est très influencés par les années 90 qui était une période assez faste dans le domaine du Metal, dans laquelle on passe de Pantera à Soundgarden avec du Rage Against The Machine, du Faith No More… On a rajouté des petits ingrédients de Punk, de Funk dans lesquels il y a de bons mélanges. Donc, oui, je pense que cette période-là nous influence pas mal.

J’ai entendu beaucoup de parties basse qui m’ont fait penser à Clutch, notamment, avec des lignes bien graves et bien présentes.

C’est vrai qu’au mix, on a fait ressortir un peu la basse car, en général, dans un mix Metal, il faut un peu tendre l’oreille pour bien l’entendre et Gabor nous l’a fait remarquer et, effectivement, on a reboosté la basse. Et, oui, Clutch, bien sûr, c’est un groupe culte, mais ils ont un petit côté bluesy qu’on n’a pas forcément.

Peux-tu me dire pourquoi tu as voulu être chanteur dans un groupe ?

Alors ça, c’est une longue histoire (rires). J’ai deux grands frères qui m’ont beaucoup apporté musicalement, qui m’ont vraiment influencé. J’étais l’éponge et j’avalais tout ce qu’ils me donnaient (rires). On écoutait beaucoup de musique quand on était petits, puis on a grandi. Vers l’âge de 20 ans, on vivait en Bretagne, vers Rennes. Dans les années 80, la vague Punk a déferlé en France et eux sont tombés dedans comme Obélix dans le chaudron (rires). Donc ils [mes frères] ont formé un groupe de Punk et moi, en étant le petit frère, j’allais les voir, j’avais 12-13 ans et je trouvais ça génial. C’était des dieux ! (rires) Et puis, forcément, j’ai voulu le faire aussi en grandissant. Ensuite, eux ont bougé sur Paris pour le travail et je les ai suivis.
Dès que je suis arrivé, c’était tout de suite plus facile. Ils étaient dans un studio de répétition et j’ai trouvé un groupe qui n’avait pas de chanteur et je leur ai dit « Je suis le chanteur que vous cherchiez depuis des années ! » (rires). Je ne savais pas chanter mais ce n’était pas grave, c’était le mouvement Punk, c’était comme ça. Si tu ne savais pas jouer d’un instrument c’était pas grave, tu apprenais au pied levé.
Puis, petit à petit, groupe par groupe, j’ai su que ma place était là. J’ai essayé de jouer un peu de guitare mais j’ai pas accroché. Je me suis dit que, quitte à être chanteur, autant prendre des cours de chant et puis, voilà (rires).

Quelle est la place de la musique dans vos vies ?

On a une chance énorme de faire ce qu’on a envie de faire. On a un petit potentiel, on l’utilise, et voilà. Après, on a nos vies à côté, nos familles, notre travail etc… si un jour on peut vivre de ça, super, on y va ! Mais bon, on est des gens comme tout le monde, je dirais. Pas plus, pas moins. C’est sûr que tu prends goût à monter sur scène tous les soirs, à avoir un public et des gens qui sont fans de ta musique. Mais ça reste compliqué car déjà, on est en France, qui n’est pas le pays le plus facile pour faire du Rock’n’roll mais il y a des groupes qui s’en sortent très bien aussi. On verra ce qu’il se passe pour Tigerleech, on ne fait pas de plan sur la comète. Il faut rester un petit peu lucide et, si ça fonctionne à un moment donné, c’est super, et si ça ne fonctionne pas c’est pas grave. On prend ce qui est bon à prendre. Le fait de sortir un album pour nous c’est déjà top. En plus on a des bons retours, c’est que du bonheur. Il faut profiter de l’instant présent et continuer à faire ce qu’on fait. Continuer à faire ce qu’on aime passionnément.
C’est difficile pour nous de sortir du lot aujourd’hui car il y a tellement de choses, tellement de groupes… tout à déjà été fait musicalement ou presque. Je crois que c’est une histoire de passion et d’intégrité avant une histoire de style musical.

Comment pourrais-tu me vendre ton album en trois mots ?

Energie… C’est dur comme question (rires)… Sincérité…

« Passion » peut-être ? (rires)

Oui voilà ! Je viens d’utiliser le terme au moins cinq fois (rires).

Avez-vous des concerts à venir pour promouvoir « The Edge Of The End » ?

Alors, on en a fait. Mais, pour l’instant, on n’a pas de dates prévues pour la rentrée. Je suis en train de travailler dessus donc il y en a aura surement quelques-unes, qui ne sont pas encore fixées, mais pas de tournée. Le problème est qu’on n’a pas de label, pas de structure, ni de tourneur, ni de manager. Donc, pour le moment, c’est de l’autoproduction sur l’album et du « Do it yourself » pour tout le reste. On aura quelques dates dans le sud prévues en Mars 2020, du côté de Marseille, Fréjus et ces coins-là.
Mais on va faire un petit clip à la rentrée, sur le morceau « Sandstorm ».

Notre entretien s’achève, as-tu un dernier message à transmettre à nos lecteurs ?

Bonjour les gars et les filles ! J’espère que vous allez apprécier et aimer cet album. N’hésitez pas à liker et partager notre page Facebook. Venez nous voir en concert, il y a une bonne ambiance !

Le site : https://tigerleech.bandcamp.com/

Doro'



   

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