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Yann ARMELLINO & EL BUTCHO

interview réalisée par Kzaf



À l’occasion de la sortie de son nouvel album «Better way», Yann Armellino a clôturé sa journée d’interviews avec votre serviteur, pour Ultrarock.

Ultrarock : Bonjour Yann, enchanté, je suis ravi de t’avoir au téléphone.
Yann : De même. C’est marrant parce que j’avais déjà fait pas mal de choses avec Ultrarock.

Quelles ont été les impressions que tu as recueillies aujourd’hui pour « Better Way » ?
Globalement, super positives, vraiment. C’est très encourageant. La teneur générale de l’album, les titres ou la production, tout semble plaire. Et pourvu que le public, surtout, pense la même chose et qu’il ait envie de nous suivre et prenne autant de plaisir à écouter cet album.

Justement, une tournée est prévue pour cette sortie d’album ? Vous avez quelques concerts de programmés ?
Dans un premier temps, jusqu’à la fin de l’année, nous nous produirons au travers de showcases acoustiques, notamment dans le réseau Cultura avec qui nous avons un partenariat pour la sortie de l’album. Un autre showcase est programmé sur Paris pour le lancement de l’album qui sortira entre fin octobre et début novembre. Puis nous allons amplifier sérieusement la chose pour débuter dès janvier 2017 des concerts à part entière et présenter l’intégralité de l’album en groupe.

A ce propos, ce projet semble plus prendre une forme de duo avec El Butcho. Comment allez-vous former un groupe autour de vous
deux ? Allez-vous reprendre les musiciens qui ont participé aux sessions de studio ?

La deuxième guitare sera tenue par Jacques de Jesus Volt qui a participé à un titre de l’album. Le bassiste n’a pas encore été choisi mais on a quelques idées. Pour les percus, ce sera certainement mon frère, qui m’accompagnera aussi d’ailleurs sur les showcases. En tout cas c’est l’idée pour le moment.

Si je comprends bien, tu t’es donc plus ou moins débrouillé tout seul pour l’enregistrement des différents instruments de cet album ?
Oui, couche après couche. Les guitares, les basses. Pour les batteries, c’est le producteur Eric Benzi et son fils qui ont géré. La voix d’El Butcho par-dessus et, au final, on a travaillé chacun un peu de notre côté grâce à tous les outils dont on dispose maintenant sans avoir besoin de passer un mois en studio sans discontinuer. C’était plaisant de travailler de cette façon, beaucoup moins de pression, du temps pour travailler, prendre du recul sur nos différentes compos…

Venons-en aux compositions, comment s’est passé l’écriture ?
J’avais déjà des compos assez structurées à la base. El Butcho posait ses lignes de chant par-dessus et nous validions ensemble le rendu final avant d’enregistrer définitivement.

Un thème, un fil rouge au sein de cet album ?

Non, pas spécialement. Je l’ai composé au fur et à mesure que les idées me venaient. J’aime bien composer de cette façon, attraper les idées comme elles viennent. Il suffit de savoir les apercevoir autour de toi et de les choper au vol.

Raconte-nous la genèse de ce duo avec El Butcho ? Qu’est-ce qui t’a convaincu de travailler avec lui plutôt qu’avec un autre chanteur ?
Il y a deux ans environ, je l’ai rencontré lors du « Paris Metal Fest ». On était tous les deux invités pour faire une courte apparition sur scène. On a passé plus de temps dans les loges que sur scène et nous nous sommes plutôt bien entendus. Nous avons échangé sur nos références, nos influences, ce que l’on faisait, ce que l’on aimait vraiment. On s’est trouvé beaucoup de points communs. L’idée a germé de projeter quelque chose ensemble. Humainement ça collait bien. Quelques mois après je l’ai rappelé, j’avais 2-3 idées à lui envoyer et, le lendemain je crois, il m’a renvoyé ces trois idées avec ses chants posés dessus. Ça matchait parfaitement avec ce que j’avais en tête. Tout est parti comme ça, vraiment naturellement. Bonne rencontre, bon moment, c’est rare...

En somme, ce projet était dans un coin de ta tête et El Butcho est arrivé au bon moment ? Ou tout ceci est plutôt né en discutant avec lui ?
C’est quelque chose que j’avais dans un coin de ma tête oui, mais dans quelles conditions et avec qui je ne savais pas du tout. Cette rencontre a été le déclencheur de tout l’album. Pas à pas, nous avons travaillé sur un morceau, puis sur deux… et puis de fil en aiguille, on s’est retrouvé avec treize titres. Le plus gros du processus de création était fait.

Pourquoi un mec comme toi, avec le talent que tu as, ce « palmarès », joue encore en solo ?
Je n’ai pas trouvé les bonnes personnes, tout simplement.

Tu ne te vois jouer qu’en solo ?
Je me sens très bien en solo, en présentant un truc en duo, il y a quand même un groupe avec nous, et je trouve que c’est bien comme ça.

Pas de contraintes en fait, tranquille…
Oui voilà, pas de problème d’egos. Je trouve que ça fonctionne très bien comme ça pour moi.

« Je suis guitariste », c’est toujours d’actualité ? Tu continues à creuser cette voie-là aussi ? (ndlr : Yann Armellino est le protagoniste principale de vidéos pédagogiques guitaristiques)
Oui, les dvds continuent leur petit chemin en magasin. L’avantage du dvd, c’est que même au bout de cinq ans, il continue à se vendre un peu, contrairement à un album… On en a fait cinq, il y en aura peut-être un sixième, mais pour l’instant rien n’est décidé. C’est une chouette expérience et ça me permet de partager ce que je fais en solo, puisque sur chaque dvd, il y a deux titres de mon répertoire, ce n’est pas juste de la pédagogie pure et dure.

Tu donnes des cours aussi ?
Oui, des cours privés, des masterclass pour Ibanez, la marque avec qui je suis en contrat depuis plus de 10 ans maintenant. Tout ça fait partie de la vie de musicien que j’ai décidé de mener il y a quelques années. Il est vrai que nous sommes dans un pays où la carrière d’un musicien ne te permet pas de vivre correctement sans être multitâche. L’enseignement, les dvds, ce que l’on peut faire à côté, c’est super enrichissant et ça nous aide à créer, à vivre et à se diversifier.

Un musicien multitâche ne s’arrête jamais de jouer, finalement ?
Tout le temps. C’est vrai que je joue beaucoup, et c’est ce que j’ai choisi.

En termes de distribution pour cet album, vous êtes distribué par un label ?
Oui, le label Nota bene, et distribué par Wagram. Un des plus gros au niveau indépendant, on peut considérer que c’est une boutique majeure pour la distribution. On va bénéficier d’une belle exposition le jour de la sortie qui, pour moi, est indispensable dans le processus. Je ne me voyais vraiment pas me lancer dans une autoproduction et ne le vendre que sur internet. Je n’ai jamais fait ça, tous les albums que j’ai créés ont toujours été distribués traditionnellement en magasin. Le 14 octobre, l’album sera partout dans les bacs en France. C’est vrai que c’est un peu old school mais je n’envisage les choses que de cette façon, j’ai du mal à faire différemment. Pour autant, je trouve très courageux, notamment pour les jeunes artistes, de se lancer dans le processus d’autoproduction.

Tu parlais tout à l’heure d’Erick Benzi, qu’est ce qui a motivé ton choix ? Quand on regarde la liste des artistes avec qui il a travaillé (Florent Pagny, Céline Dion, Johnny Hallyday…), on est assez loin de ton répertoire.
Oui, c’est vrai, mais je côtoie Erick Benzi depuis longtemps, il a produit beaucoup d’albums chez Sony Music à l’époque où j’étais également chez eux. Il se trouve que l’on s’est revus pour l’album « Gimme the Sound » que j’avais réalisé avec Chris Caron où j’avais comme invité Gildas Arzel (ex-Canada tout comme Benzi). C’est quelqu’un qui a toujours été au courant de mes activités, et avec qui j’ai toujours aimé échanger. J’ai énormément de respect pour ce qu’il a fait, pour les conseils qu’il peut donner. Au départ, lorsque l’on a commencé à travailler sur l’album, je lui ai fait écouter mes démos, j’étais un peu dans le flou artistique. Je suis incapable de produire un disque, ce n’est pas mon métier. Erick est capable de faire sonner ma musique comme personne. Il a une patte, un vrai savoir-faire. C’est un travail de titan, un travail auquel je n’aime pas assister. Cette absence nous a permis de rester « vierges » par rapport à nos titres. Dans un processus plus traditionnel, quand tu mixes un album, tu peux passer trois jours sur un seul titre. A la fin, ton album, tu en es écœuré. Tu ne peux même plus écouter un seul de ces titres, c’est fini. Et là, on a pu s’éviter ce phénomène-là. Erick nous envoyait les choses au fur et à mesure, et ça sonnait dix fois mieux que ce qu’on lui avait apporté.

Le son de ces morceaux est tel que tu l’imaginais ?

Oui vraiment, je ne changerais rien. C’est la première fois que je suis si satisfait d‘un résultat. J’ai dans les oreilles ce que je souhaitais dès le départ, peut-être même en mieux. Sur la ballade « The Train », il a pris l’initiative de mettre de l’orgue et c’est magnifique. Il a vraiment bonifié les choses.

Ce projet, cette collaboration avec El Butcho, c’est ponctuel ?

Si le public est au rendez-vous et que l'on a un bon accueil, on aura envie de remettre ça. Je pense qu’une suite sera tout à fait envisageable. Pour l’instant, nous allons d’abord essayer d’emmener cet album le plus loin possible. On a quand même quelques mois devant nous pour le faire. On verra courant 2017 pour envisager la suite.

Pour ce qui est des concerts, quels sont tes objectifs ? Tenter les premières parties de gros groupes ?

Effectivement, décrocher une belle première partie, ça permet de rencontrer un public différent. La route est longue, ce n’est pas facile, mais je pense qu’on a vraiment quelque chose à défendre, et je pense que les programmateurs peuvent jouer le jeu.

Pour l’instant tu n'as pas de piste très concrète ?
Quelques-unes, mais rien d’abouti.

Pour ce qui est du show et de son aspect scénique, tu imagines des artifices, du décorum ?
Non, plutôt quelque chose de brut, assez simple.

Kzaf

 





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