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HAMMERFALL + KROKUS + THE POODLES  Paris, Elysée-Montmartre, 6 février 2007

C'est une affiche de grande qualité qui est proposée à l'Elysée-Montmartre en ce frisquet mardi de février 2007. La jeunesse d'un hard-rock n'roll mélodique fougueux, incarné par THE POODLES, est alliée à un hard-rock vintage à la AC/DC emmené par un leader aussi charismatique que légendaire avec le KROKUS de Marc Storace (que votre serviteur a croisé dans les rues parallèles à la salle quelques heures avant le show, gloups, et sans appareil photo pour immortaliser l'instant, pas glop !), et au heavy metal classique et old school d'un HAMMERFALL qui fêtait là ses 10 ans d'existence discographique et scénique. Tout était donc réuni pour faire de cette soirée un moment fort agréable.

THE POODLES était chargé de chauffer la salle. Le groupe n'est visiblement pas encore très connu du public, ce qui n'est guère étonnant puisque la date de sortie de son 1 er et unique album, « Metal Will Stand Tall », n'est intervenue que dans les derniers jours de janvier. Ayant investi dans ledit album, que je trouve très bon, il me tardait de découvrir le groupe sur scène. Mes impressions ont été très positives, même si le jeu de scène des Suédois se révèle quelque peu clichesque, et même si certains musiciens eux-mêmes sont la réplique physique de légendes vivantes du hard rock (le chanteur est le parfait sosie, en moins enveloppé, de Vince Neil !). L'impression de déjà-vu s'est néanmoins vite estompée pour faire place au simple défoulement face à la qualité des compos proposées, très énergiques, bourrées de refrains aisément mémorisables, et qui ont fini par séduire une bonne partie du public, du moins dans les premiers rangs. Le groupe, dans la petite demi-heure qui lui était octroyée, a interprété une partie de son unique disque, dont les excellents « Metal Will Stand Tall » et « Night Of Passion », mais également un nouveau titre, composé en vue du prochain album, et qui laisse augurer du meilleur. La prestation fut donc, de mon point de vue, pleinement convaincante, avec un son plus que correct.

On change de division avec KROKUS, dont l'accueil fut bien plus enthousiaste et bien plus bruyant. Le père Storace a plus de vingt ans de carrière, mais le moins que l'on puisse constater est qu'il possède toujours une voix du feu de Dieu et sait tenir une scène à bout de bras ! De sa voix si caractéristique, rappelant Bon Scott (mais ne le plagiant pas), Storace s'est fendu d'une prestation sans faille, puissante, énergique, servie par un très bon son et avec l'appui de musiciens aussi talentueux qu'efficaces (quel plaisir notamment de revoir le discret guitariste Mandy Meyer, ex-GOTTHARD, et le cogneur Stefan Schwarzmann, ex-U.D.O.entre autres, sur scène). Piochant dans son récent et superbe dernier album, « Hellraiser », dont le titre éponyme fut interprété dès le deuxième morceau, KROKUS a séduit une frange non négligeable du public, tout acquis à sa cause et venu sans doute en partie pour lui. La formation helvétique n'a pas pour autant délaissé son vieux répertoire, et c'est avec émotion que le soussigné a headbangué comme un taré sur un bon vieux « Easy Rocker » des familles (au tempo plus musclé que l'original), sur un « Rock City » tonitruant, sur un « Bad Boys Rag Dolls » décoiffant, ou sur un « American Woman » bluffant. Alors évidemment, 3/4 d'heure, cela parait court , trop court, et on pourra regretter l'absence d'un « Mad World », d'un « Headhunter », d'un « Celebration », d'un « Wild Love », d'un « Winning Man », d'un « To The Top », d'un oui, bon, ok, j'arrête là, car la liste est longue !.. Mais quel pied de pouvoir ainsi applaudir ce groupe légendaire, qui mérite bien meilleure reconnaissance et ne semble pas touché par les années qui passent ! KROKUS rules !

Mon enthousiasme a quelque peu faibli au moment de subir la prestation d'HAMMERFALL. Voilà en effet 4 fois que j'ai l'occasion d'assister à un show de Joachim Cans et sa bande, et les deux dernières prestations du groupe ne m'avaient guère convaincu, tout comme leurs productions discographiques récentes, même si le dernier né, « Threshold », est plutôt de bonne facture. Disons le d'emblée : le groupe aura énormément de mal à faire aussi bien que le magnifique show qu'il avait proposé dans la même salle un jour de février (déjà) 2001, et ce n'est décidément pas cette fois qu'il y est parvenu. Le décor et le spectacle visuel proposés ont été minimalistes (exit les effets pyrotechniques et les monstrueux décors de la tournée « Renegade »), ce qui eut le don de singulièrement m'agacer. Pour cette fois, on n'aura droit qu'à un back-drop immense en fond de scène, à quelques marches recouvertes d'un tissu représentant une muraille, et à plusieurs grosses caisses de batterie disposées sous le kit principal, et contenant chacune une lettre pour former le nom « hammerfall » ; mouais, bof, plutôt grotesque, ai-je trouvé. Mais bon, il paraît que seule la musique compte, alors évoquons la musique. Devant un parterre conquis d'avance, le groupe a livré une prestation sérieuse mais sans surprise, ayant tout de même le bon goût, et c'est pour moi le point vraiment positif du concert, de ne pas concentrer sa set-list sur les seuls trois derniers disques en date. Pas moins de 4 extraits de l'album « Renegade » (l'excellentissime « Templars Of Steel », « Renegade », l'instrumental « Raise The Hammer » et « A Legend Reborn ») ont été interprétés, ainsi que les classiques et efficaces "Hammerfall", "Glory To The Brave", "Heading The Call", "Legacy Of King" ou"Let The Hammerfall ». Précisons en dernier lieu que la salle était loin d'être remplie, ce qui montre peut -être que le groupe connaît un certain essouflement en terme de popularité.

Une bien belle soirée malgré tout, KROKUS ressortant largement vainqueur à mon sens. Un clin d'il à Rox, David, Powersylv, Séverine et Sof, de la ML « Metal Is Forever ».

Stef

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