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l   i   v   e       r   e   p   o   r   t   s
 


 
METALDAYS
Tolmin, Slovénie

C’est l’été, il fait (presque) beau et c’est l’heure d’aller en festival ! Pourquoi ne pas allier les vacances et les concerts ? En voilà une idée, qu’elle est bonne ! C’est chose faite avec le concept original du Metaldays, un festival niché dans la Vallée de la Soča, tout près de Tolmin, en Slovénie. Un magnifique pays discret situé entre l’Autriche, la Hongrie, la Croatie et de l’Italie. Bref, c’est pas la porte à côté et pourtant nous y sommes partis pour une semaine de reportage et de découvertes musicales, entourées de montagnes, de forêts et de rivières, sublimés par une météo généreuse en soleil et en chaleur.

Le Metaldays est un festival à taille humaine et adepte du « green spirit » (autrement dit 100% écolo), vraiment festif quelle que soit l'heure de la journée. Même après les concerts, il n'est pas rare de voir déambuler des centaines de festivaliers à travers les divers chemins du site, car les campements sont à proximité et il peut être vraiment sympa de faire des balades nocturnes, ou simplement boire un verre les pieds dans la Soča. D’ailleurs, observer de nuit le croisement des deux rivières entourant le site est juste idyllique, avec cette légère brume qui surplombe l’eau transparente, ça donne progressivement une ambiance un peu magique quand on y reste un certain temps. C’est aussi ce qui fait le charme de ce site.

Mais bon, nous ne sommes pas là pour débattre sur la géographie du coin, le mieux c’est d’y aller et de le vivre. Mais pour ceux qui n’y étaient pas ou ceux qui veulent se remémorer cette semaine trépidante, on vous propose de découvrir quelques moments qui nous ont marqués.

Comme on fait rarement comme tout le monde, on a commencé notre festival le lundi. Car, déjà, il a fallu faire tout le trajet en van depuis la France, c’était long, mais convivial !


C’est donc dans la joie et la bonne humeur que nous sommes fin prêts pour débuter le Metaldays avec le groupe francilien MOONSKIN qui ouvre les hostilités sur la New Forces Stage. Malgré le manque de spectateurs, le groupe envoie trente minutes de show dont les compos s’inspirent du Heavy et du Doom. Ce mélange de styles fonctionne très bien et les paroles inspirées de la poésie et des contes fantastiques des 18ème et 19ème siècles sont illustrées par une scénographie succincte mais originale : on y retrouve des bougies posées au sol, une bouteille en forme de crâne, un vrai crâne d’animal à cornes, un squelette de serpent, et un petit squelette (pas humain, j’espère) a également pris place sur le pied de micro de Delora. (C’est mignon tout plein tous ces ossements !).

Les protagonistes sont costumés et maquillés pour cette courte messe électrique, menés par la Prêtresse, vêtue d’une cape en velours et armée de son bâton orné d’un corbeau. Ce genre d’accessoires de décoration rappelle sans aucun doute les mises en scène de Behemoth ou tous les autres groupes du genre.

La prestation en elle-même est bien produite, tout le monde est à sa place et fait le taf. Teepee, l’excellent batteur (Corrosive Elements, ex-Pervert Asshole), orchestre tout ce beau monde avec ses coups de baguettes vigoureux. La setlist est rythmée par le chant puissant et saturé de Delora, qui n’hésite pas à aller à la rencontre de son public en descendant de scène, et dont les lignes de chant sont appuyées par les instruments à cordes survoltés.




BEL O KAN, le combo suivant, originaire de Lyon, nous présente du Heavy Mélo’ fort sympathique à travers lequel les musiciens ne s’arrêtent jamais de courir à droite et à gauche, mais je m’attendais à une prestation un peu plus pêchue. Même si la bonne ambiance règne, tant sur scène que dans la fosse, ce n’est pas suffisant pour nous séduire et nous décidons d’aller voir ce qui se trame sur la Mainstage.


En chemin pour aller découvrir Lucifer, nous jetons un œil et une oreille sur la Bosko Stage et y découvrons un jeune groupe de rockeurs nommé SISKA. En effet, ils ont à peine quatre ans d’existence et enflamment les planches dès le début de leur set, avec leur Hard Rock à l’ancienne, du genre Motley Crüe et consorts. Ce n’est pas vraiment un groupe novateur dans le genre mais ça s’écoute plutôt bien. C’est très entrainant et j’ai du mal à résister à la tentation de prendre quelques clichés.



Motivée par nos compagnons de route, nous arrivons finalement dans l’espace Presse pour voir de quoi parle LUCIFER. On dirait un groupe sorti tout droit des années 70, qui offre des lignes de basse bien présentes et des rythmiques pertinentes. Les lignes de chant claires sont douces et presque envoutantes. Ces dernières sont ajustées à la guitare et à la batterie, ce qui forme un ensemble de compos intéressantes. Une très bonne découverte, du coup. Les allemands sont doués, il faut le dire.

Comme si l’on n’avait pas encore assez chaud, le trio ALIEN WEAPONRY envoie un son thrashy qui donne plus envie de headbanguer que de prendre des photos. Du coup c'est pas pratique de faire les deux en même temps et il faut faire un choix. Après un show à priori explosif au Hellfest, que nous n’avons pas vu, suivi d'un concert parisien réussi (on y était !), nous avons fait plus de 1000km pour les revoir, encore.
Je les ai découvert sur la Bosko Stage l'année dernière et, aujourd'hui, ils sont plus que motivés de se produire sur la Mainstage. Le devant de la scène se remplit peu à peu tout le long du concert, ce qui donne une bonne dynamique et ça réveille les neurones ! De circle pits en pogos qui n'en finissent plus, les jeunes néo-zélandais s'en donnent à cœur joie pour partager leur énergie jusqu'à l'autre bout de la Soča.



La prestation du trio énervé terminée, nous voilà face à du MetalCore bien fichu, dynamisé par des parties de chant clair et crié bien équilibrées. Le bassiste de WHILE SHE SLEEPS est déchaîné et n'arrête pas de sauter partout comme un petit lapin de garenne. Les rythmiques et l'énergie sont bien présentes tout au long du set avec des petits riffs de guitare pas piqués des hannetons. Le chanteur, plus survolté que jamais, arrive à fédérer son public, chaud comme la braise, tout au long de ce set monstrueusement dynamique.



NEUROSIS, le groupe suivant, nous présente du Doom à l'état brut, avec une basse très lourde qui emmène le chant clair et grave dans des sonorités profondes, enveloppant l'auditoire dans une espèce d'ambiance proche du Psychédélique. Les morceaux sont souvent très ambiants donnent une idée de grand calme après la tempête de While She Sleeps. Le public semble plus sage par rapport aux prestations précédentes, vues sur la même scène.

Malgré une bonne exécution de set, on préfère aller jeter une oreille sur la Bosko Stage pour y découvrir un groupe plus dynamique, qui n’est autre que DORNENREICH. Le combo autrichien a pour motivation de prouver qu’on peut faire du Metal avec des instruments moins « classiques ». On retrouve donc, dans le line-up, un charmant violoniste, qui sera malheureusement mangé trop souvent par une basse parfois trop présente. L’univers du groupe présente deux styles opposés : du pur Black Metal d’un côté et du Folk de l’autre, mais qui ont cette faculté de s’imbriquer parfaitement et de donner un résultat plus que satisfaisant.

Vous prendrez bien un petit peu de Death dans votre bière ? Pour clôturer la fin de journée sur la « Lemmy Stage » et avant même l'arrivée d’ARCH ENEMY sur scène, on a droit à un petit hommage spécial Motörhead, avec le morceau « Ace of Spades » passé en fond sonore.
Puis le batteur (celui d’Arch Enemy, évidemment) vient s'installer derrière ses immenses fûts et, de fait, je suis trop petite et je le vois à peine, malgré sa batterie surélevée (oui, je suis encore dans le pit photos, décidemment !). Tant pis, je me concentre sur la technique des instruments à cordes et de la nouvelle voix du combo. Enfin "nouvelle", je me comprends. Depuis le départ d’Angela Gossow, je trouve les compos un peu fades et manquant de personnalité parfois. S’il n'était pas simple de passer le flambeau, du moins je le suppose, à une nouvelle chanteuse, j'admets qu'elle assure quand même. Niveau instrumental, je n'ai rien à redire, c'est du Arch Enemy tout craché. J'ai simplement du mal avec Alissa, voilà tout. Je les avais déjà vus au Hellfest l'année dernière et j'avais déjà trouvé que ça ne me correspondait plus. Ça n'empêche en rien la très bonne exécution du set lors de cette prestation aux Metaldays.






Une bière fraiche et un BBQ plus tard et nous voilà repartis pour notre deuxième journée de fest (même si, d’après le planning des concerts, c’est la quatrième). Direction la Mainstage, où on restera une bonne partie de la journée, pour y découvrir W.E.B., un groupe de Metal Gothique originaire de Grèce, dont certains passages me font penser à Dimmu Borgir ou Cradle Of Filth, en moins abouti. Certaines choses sont bonnes et d’autres moins. Même si les rythmiques du batteur sont relativement appréciables et que le chant n’est pas si mauvais que ça, je n'accroche pas vraiment à l'ensemble de la prestation.

Du Metalcore en veux-tu, en voilà ! La charismatique Lena envoie du steak de bois dès le départ, malgré des petits soucis techniques dès le premier morceau, qui contraignent le groupe à arrêter de jouer quelques minutes le temps d’y palier. La frontwoman comble comme elle peut ce petit laps de temps en communiquant avec son public et, une fois le petit problème réglé, c'est reparti comme en 40 ! Elle ne manque pas de saluer son auditoire et le remercier de nombreuses fois d'être venu soutenir INFECTED RAIN, entre deux morceaux explosifs et énergiques, qui feront de ce groupe une très bonne découverte, me concernant.
Ce groupe Moldave a su séduire ma binôme Esthell, grâce à l'énergie de la chanteuse et à la bonne humeur du reste de la formation. Le groupe vit à fond ses morceaux. Si vous aimez The Charm The Fury, cette pluie infectée contaminera votre cœur !




La programmation des Metaldays est très éclectique et nous permet d’y voir des groupes de tous genres qui partagent la grande scène. C’est donc dans un tout autre registre que VINTAGE CARAVAN débarque sur scène pour un set de Psyché Rock qui semble tout droit sorti des 70s. Depuis le temps que je voulais les voir, je ne suis pas déçue. Le trio est énergique et montre vraiment qu’il a envie d’être là et pas ailleurs. La bonne humeur (et les grimaces diverses et variées !) du groupe se propagent dans les riffs et dans la fosse, ainsi, tous les éléments sont réunis pour qu’on puisse passer un bon moment en leur compagnie.




Comme pour faire écho à Infected Rain, le HardCore revient au galop avec les français de RISE OF THE NORTHSTAR. Les mecs ont chargé leur set de rythmiques fortes et puissantes à ne plus savoir qu’en faire et nous déballent tout sur scène, là, comme ça. Pour les avoir vus de nombreuses fois déjà en live, je suis ravie de les revoir… encore ! Autant je n’accroche pas spécialement à l’écoute des albums, autant, en concert, c’est vraiment pas pareil. Ça envoie de la violence, du gros son et des slammeurs par-dessus les crash barrières ! Finalement, heureusement qu’on a le droit de photographier que trois titres seulement !




On commence à avoir faim et un peu soif aussi, du coup on en profite pour aller se promener et tomber sur la prestation de NOCTIFERIA qui a lieu sur la Bosko Bursac Stage. Globalement, ils officient dans la même veine que Rise of The Northstar, en plus technique, avec des petites touches Heavy. Le frontman présente le line-up et annonce des titres inédits qu'ils jouent ce soir aux Metaldays. Le quintet slovène arrive sans trop de peine à intéresser les gens qui se promènent dans le coin. Comme nous, certains s'arrêtent essentiellement par curiosité car on voit bien que ceux qui connaissent le groupe sont déjà tout devant la scène. Entraînantes et rythmées, les compos s'écoutent vraiment bien et sont portées par un chant crié qui met bien en valeur l’ensemble du set.

Retour sur la Mainstage avec FINNTROLL. Pour débuter la soirée après une chaude journée, les finlandais nous proposent du Folk Metal énergique en transformant la scène en dancefloor géant, ce qui permet au public encore bien présent de faire chauffer la fosse, une fois de plus. Le combo elfique nous offre une prestation électrisante et pleine de vitalité, qui est une bonne introduction au groupe suivant.

Depuis le temps qu'on me parle d’ARCHITECTS, il fallait bien que je trouve une occasion de les voir. C'est chose faite ! Ce sera en direct de la terrasse de l’espace Vip que nous profitons du spectacle. 
Les excellents britanniques envoient une puissance de folie tout le long du set, rempli de rythmiques qui donnent envie de bouger tout son petit corps. Avec des lignes de basse bien lourdes et des riffs bien pêchus, le set semble parfois traîner en longueur. C'est certainement dû au fait que ce n'est pas notre style de prédilection, à l'origine, et que, malgré la qualité de la prestation, nous avons tendance à nous ennuyer sur le long terme, mais il est tout de même drôle de constater que, même sur la terrasse du Vip, le headbang est de mise, comme pour illustrer ce doux MetalCore.

Il est temps de se préparer pour aller voir le tout dernier groupe de la journée qui jouera sur la Bosko Stage : IN THE WOODS. On connait de nom et de réputation et c’est la première fois qu’on les voit en live. On ne savait pas vraiment à quoi s’attendre et j’avoue avoir été surprise de la qualité du show, tant sur la musique que les effets de lumières. On y retrouve un juste milieu entre le Black Metal et le Pysché, ce qui donne une ambiance atmosphérique, un peu perchée. Peut-être un peu trop pour moi et ce n’est pas le groupe qui me marque le plus sur la programmation. Mais soit, les compos du sextet norvégien passent crème et clôture en beauté cette journée bien remplie.

Le site du fest : https://www.metaldays.net

Doro'

 

   

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