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l   i   v   e       r   e   p   o   r   t   s
 






 
METALDAYS (Part. 2) (Part. 1)
Tolmin, Slovénie

Aujourd’hui, on a décidé d’aller visiter un peu le coin, hors festival, donc on ne verra pas beaucoup de concerts. Nous profitons de cette journée très ensoleillée pour aller faire une randonnée de quelques heures dans les gorges de Tolmin, réputées pour leur accessibilité et la beauté des paysages. Petite anecdote rigolote : lorsque nous sommes arrivés à l’entrée du parking pour payer le droit d’accès aux gorges, un panneau précise qu’on a droit à un tarif réduit si on est métalleux ! Du coup, on en profite encore plus. Plus motivés que jamais, on explore les quelques hectares de cet endroit magnifique, ça grimpe un peu raide parfois mais on a des étoiles dans les yeux quasiment toutes les 24 secondes. Pour les randonneurs intéressés, ne vous faites pas avoir comme nous pour les navettes de retour au parking principal et n’hésitez pas à regarder les horaires ! Sans quoi, vous aurez droit à une petite heure de marche en sus.


A la suite de cette expédition originale, il nous reste (étonnement !) assez d’énergie pour retourner sur le site du Metaldays pour voir les quelques groupes restants et remplir notre ventre, quasiment vide, de douces victuailles, de bières, pour les uns et de cocktails, pour les autres. Du coup, on s’est dit que débuter la soirée devant la Bosko Bursac Stage, en (re)découvrant Stoned Jesus, ça pouvait être sympa. Effectivement, ça l’est. Le trio ukrainien propose des sonorités Stoner entrecoupées de riffs parfois Doom, parfois Rock. Le mélange des styles est tout à fait acceptable. La setlist se compose de cinq morceaux seulement mais qui sont bien choisis pour capter l’attention de l’auditoire venu en masse. La structure progressive des morceaux, qui sont globalement très planants, monte crescendo au fur et à mesure des compositions qui révèlent le côté créatif et novateur du trio. Une bonne découverte !


Nous passons ensuite par la Mainstage pour écouter les Grecs de Rotting Christ qui envoient dès le début une atmosphère très ambiante parsemée de riffs techniques, très sombres, à la frontière entre le Doom et le Black Metal. Comme avec Stoned Jesus, on y trouve un parfait équilibre avec des parties dynamiques et des parties très progressives. Globalement, c’est quand même assez « calme » pour du Metal Extrême, mais ça s’écoute bien. Evidemment, les jeux de lumières sombres et les effets pyrotechniques sont de la partie et ça n’empêche vraiment pas de profiter de la prestation, illustrée de nombreuses interactions entre le chanteur et son public affamé. Une jolie découverte de plus dans cette courte journée de festival !




Concernant Dream Theater, le groupe suivant, je ne les avais pas vus depuis leur concert au Zénith de Paris en 2001. Pour vous dire à quel point j’ai pris un coup de vieux en les revoyant sur scène ! J’ai un peu lâché l’affaire sur leur carrière ces dernières années mais je découvre ce soir une prestation très bien exécutée avec du Progressive Metal comme ils savent très bien le faire. On retrouve nos héros du soir, le bien-aimé John Petrucci à la guitare, James LaBrie au chant et le « nouveau » batteur Mike Mangini (quand je vous dis que j’ai raté des trucs !). On s’ennuie peu pendant ce concert, car chacun des morceaux est vraiment différent et aucun musicien n’est isolé sur scène. C’est vraiment agréable de ressentir la synergie d’un groupe qui se produit sur scène depuis si longtemps déjà, avec un tel background. Je suis ravie de les revoir ce soir après tout ce temps, pour autant ils n’ont pas encore gagné le pari de me remettre à 100% dans ce style musical bien particulier. Ils ont tout de même réussi à séduire certains de nos compagnons qui étaient très sceptiques avant le show. No regrets !


Petite forme aujourd’hui donc petit report. On commence à sentir la fatigue et la fin de fest approchante, mais on est toujours là pour vous raconter nos journées trépidantes, malgré le fait qu’on a préféré profiter de la plage aujourd’hui plutôt que de voir des concerts. Du fait, on vous propose un rapide tour d’horizon sur les prestations qu’on a « vraiment » regardées…


On ne pouvait pas passer à côté de Lurking, groupe de Death parisien, qui a mis une ambiance de folie sur la New Forces Stage ! Si vous pensiez voir double, sachez que ce n’est pas le cas, car effectivement c’est bien Delora (qui officie également chez Moonskin) qui est de retour sur scène. Elle a clairement du mal à rester en place et n’hésite pas à courir partout et investit même le pit photos. Ses musiciens sont bien calés et envoient une tempête de rythmiques brutales et dynamiques tout le long du set. Je trouve intéressant le fait qu’il y ait deux types de chants dans cette formation et que la voix d’Anthony complète vraiment bien les parties de chant de la frontwoman, entre deux lignes de basse. L’ensemble de la prestation est explosif et on ne remarque aucun problème de son flagrant en façade, ce qui est définitivement plaisant. Si jamais vous avez l’occasion de les voir en France, n’hésitez pas une seconde car ils font partie de ce genre de groupes de la scène underground qu’il faut soutenir.



Retour sur la Mainstage avec un groupe suédois qu’on ne présente plus. L’ensemble du set est vraiment dynamique et possède de très bonnes rythmiques entraînantes. Il est impossible de s’ennuyer pendant le show. Les 8 titres explosifs proposés par Soilwork resteront gravés dans nos mémoires une bonne partie de la soirée. Le mélange du Death et du Mélodique fait des ravages et enflamme une grande partie des festivaliers. Nous avons tout de même réussi à trouver un chemin à travers une foule, pas si compacte que ça, étonnement, pour retrouver un ami qui est devant les barrières, avec qui nous profitons du show qui se termine sur l’hymne célèbre « Stålfågel », titre incontournable du groupe. Du grand spectacle animé par des musiciens de talent surmotivés !



Qu’on se le dise, le Death Mélo suédois n’a pas dit son dernier mot ! Peter Tägtgren et sa joyeuse bande de metalheads débarquent sur la Mainstage avec une prestation bien fichue et une setlist relativement complète. Même si la voix du frontman n’est pas très audible par moment, on profite quand même très bien du show et de l’énergie partagée par Hypocrisy. L’alternance des riffs mid-tempo et des riffs plus rapides permet de suivre en rythmes les headbangs et les circle pits à tout va. La nuit est déjà bien tombée sur le site et ça s’est bien rafraichi, mais on peut tout de même compter sur notre quartet de thrasheurs préférés pour réchauffer nos petits cœurs.






Le dernier groupe qui occupe la Mainstage ce jour-là, présente plutôt bien avec ses allures de Power Sympho et son line-up de choix. Souvent considéré comme un side-project de Blind Guardian et Iced Earth avec Hansi Kürsch (chant) et Jon Schaffer (guitare), Demons & Wizards sait comment parler à son public, à travers seize titres tous plus pertinents les uns que les autres. Les rythmiques fortes et entrainantes vous plongent directement dans leur univers musical. Ça donne envie de bouger la tête dans tous les sens. Si vous aimez le thème de la mort, vous serez servis avec un magnifique décor de scène, aux allures d’un cimetière sombre (très bien réalisé par ailleurs) qui attend avec impatience une envolée de riffs électriques. L’ensemble du set est quand même très progressif, musicalement, et quelques passages nous font penser à des Pink Floyd bien énervés, ce qui n’enlève rien au charme des protagonistes. Le son est vraiment bien calé et équilibré ce qui donne encore plus envie de se rapprocher de la scène. Malgré l’excellente prestation des garçons possédés et l’énergie envoyée tout du long, ce ne sera pas forcément le concert #1 que nous avons retenu ce jour-là. Un peu trop de longueurs sur certains morceaux (l’effet « Pink Floyd vénère ») provoquent des courts moments de décrochage, ce qui est fort dommage, surtout devant un show d’une aussi bonne qualité.



Il semble que cette dernière journée de festival propose une programmation avec une orientation très nordique. Du moins, concernant les groupes qu’on a vus ou aperçus.

Un rapide coup d’œil sur la Bosko Bursac Stage pour y découvrir Svart Crown, une formation française de Blackened Death Metal. Dans une ambiance sombre et mystique, le combo niçois envoie de la bonne grosse violence avec des blast, des gros riffs puissants, du growl énervé… La recette du bonheur pour les amateurs de cette musique tranchante. Bien que ce ne soit pas spécialement ma came, le show est maitrisé et intéressant techniquement parlant, et ça devient plaisant de les regarder. Avec ces éclairages volontairement bleutés, le show en lui-même devient presque hypnotique.

Il est l’heure pour moi d’aller trouver quelque chose à manger et je laisse donc Esthell profiter du concert de Tarja, qu’elle attend avec grande impatience. L’ancienne chanteuse de Nightwish commence son set avec quinze minutes de retard à cause de la météo qui devient menaçante, avec ses gouttes de pluie qui n’en finissent pas de tomber aux alentours de la Mainstage, c’est scandaleux (C’est une blague, bien sûr). Comme toujours, la jolie chanteuse, au top de son enthousiasme, propose un show dynamique et percutant. Bonne communicante, elle manque rarement de remercier ses fans de leur fidélité envers elle et ses musiciens et c’est plutôt sympa à voir. Malgré toutes ces qualités, je n’arrive pas à rentrer dans le show et j’en ressors un peu déçue.



La météo, au (presque) beau fixe jusque-là, a décidé de nous jouer un mauvais tour le soir-même en provoquant un orage tellement important que la petite ville de Tolmin a été privée d’électricité, ce qui a également impacté le Metaldays. Du fait, c’est pendant la première partie du concert de Korpiklaani que nous sommes privés de son et d’images. On note la rapidité d’intervention des techniciens et nous avons même reçu sur l’appli’ mobile du fest un message bienveillant de la part des organisateurs pour nous avertir du problème. Voilà qui vous donne une idée de l’ambiance et de l’esprit de ce fest.

Cette courte mésaventure de quelques dizaines de minutes nous a permis de constater que le public présent est vraiment très patient et compréhensif : quelques slammeurs et rameurs se sont bien amusés dans la fosse pour passer le temps (certains intrépides se sont assis sur le sol pour imiter des vikings en train de ramer, en scandant haut et fort des cris de guerre), et c’est impressionnant de voir un si bon esprit, même dans les pires moments.

Retour sur scène pour les joyeux finlandais que rien ne peut arrêter, même pas un vilain orage. Nous les avons déjà vus en concert plusieurs fois mais c’est toujours sympa de les revoir, même en ayant connaissance de la notoriété de Jonne Järvelä, à savoir son petit penchant pour les boissons alcoolisées. Mauvaises langues que vous êtes, on vous voit avec vos pintes de bières en train de pogoter devant la scène ! A travers ce set jovial, on retrouve tous les éléments propices à festoyer en bonne et due forme sur du Folk Metal et on n’en demande pas plus, finalement. Korpi est dans la place, les amis !


La nuit est tombée pendant la prestation de Korpiklaani, vous pouvez donc aisément imaginer que l’atmosphère pour Dimmu Borgir sera parfaite et c’est le cas. De la fumée (un peu trop d’ailleurs), une setlist à tomber et une atmosphère géniale. On ajoute à ça une mise en scène bien construite et un environnement magnifique et nous voilà face à un vrai spectacle de qualité. Niveau son, il n’y a pas grand-chose à notifier, c’est propre et bien calé et les différents morceaux sont plaisants à écouter. Les maitres Norvégiens du Black Sympho’ ne sont pas là pour cueillir des pâquerettes et ça se voit. On retrouve toute cette maitrise de combiner la mélodie à la violence, en présentant un show magnifié par des jeux de lumières des plus sublimes. Il nous est donc impossible d’être déçus en sortant de là et nous attendons la prochaine date parisienne avec impatience.


Ovni pour les uns, référence du Metal Goth/Heavy pour les autres, finalement on ne sait pas trop catégoriser Tiamat, qui est un groupe relativement discret, voire un poil mystique depuis ses débuts, mais ce n’est pas un mal. Côté studio, le combo suédois a beaucoup évolué ces dernières décennies et je suis tombée amoureuse de la voix de Johan Edlund « Hellslaughter » depuis Amanethes (2008). Il me tardait donc de les voir sur scène un jour et c’est chose faite ! Il n’est pas vraiment possible de résumer une telle prestation tant elle est particulièrement belle, en tous points. Les jeux de lumières de la Bosko Bursca Stage, très sombres, mettent en avant cette étrange atmosphère intime et profonde qui règne sur scène tout le long du set. Un concert de Tiamat se vit et ne s’écrit pas. Non pas que j’aie la flemme de vous raconter ce live si spécial, bien au contraire (bien que justifiée après une semaine de festivités). Il est juste difficile de décrire avec précision l’état quasi hypnotique dans lequel on était durant les treize titres de cette setlist très complète, dans laquelle on retrouve des morceaux phares des plus récents albums, comme des anciens. En revanche, ce que nous savons et approuvons, c’est que Tiamat est un très bon choix de programmation pour clôturer le fest !



Pour conclure cette semaine riche en festivités et (re)découvertes musicales, je laisse le mot de la fin à Esthell, mon binôme de concerts, qui a découvert ce festival pour la première fois :

Le site du festival est très bien organisé, les scènes - au nombre de trois - ne sont pas très loin les unes des autres, les stands se situent entre les scènes et vous trouverez de quoi vous restaurer et vous abreuver un peu partout sur le festival. Les campings sont situés de façon judicieuse : les festivaliers sont tout aussi proches des scènes que des douches et du calme. Là, je vous parle de la première partie du site, pour la seconde, il suffit de marcher un petit peu dans la partie cachée et vous trouverez une plage sur laquelle vous pouvez vous faire masser, pratiquer le yoga ou le cardio ! Mais aussi, une autre scène qui, la nuit, est occupée par un DJ metalleux qui vous invite à secouer votre tignasse et bouger votre corps !

Si vous continuez un peu plus, vous pourrez poser vos serviettes de plage, gonfler vos bouées licornes (ou vélociraptor, donuts, etc.), et plonger dans l'eau de la Soca, fraîche, certes, mais tellement agréable une fois dedans. De plus, la transparence de cette eau rend le lieu encore plus idyllique !

Un grand merci à Boban et Nika, ainsi qu’à toutes les équipes techniques et bénévoles du Metaldays pour cette nouvelle édition plus que réussie. A vous, chers lecteurs, nous vous recommandons vivement de découvrir ce festival qui a réussi à nous séduire bien plus que le Hellfest. On se retrouve donc l'année prochaine à Tolmin. Vous n’êtes pas sans savoir que ce sera la dernière année dans cette ville… Malheureusement, le festival sera déplacé pour cause de travaux qui empêcheront le déroulement de l’évènement à cet emplacement bien précis.

Le site du fest : https://www.metaldays.net


Doro' & Esthell

 

   

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