Annonce : Ultrarock recherche des chroniqueurs et chroniqueuses, motivés, objectifs, passionnés, contact ici ;) ou msn: ess_ultrarock@hotmail.com (chat only)
 
                                                                                                                                                                    


                                                                                                                                     PAGAN FEST, le 22 septembre, Transbordeur, Lyon

L I V E   R E P O R T



Korpiklaani, Unleashed, Die Apokalyptischen Reiter, Alestorm, Ex Deo, Swashbuckle

La saison des concerts est en marche, et nous concernant, pauvres provinciaux, elle débute entre autres par l'arrivée du Pagan Fest dans notre belle cité lyonnaise. Cette soirée est apparue comme très attendue par les érudits puisque les pirates, romains et autres chevaliers étaient en grand nombre dans l'auditoire.

6 groupes à faire jouer en une soirée, cela doit demander une certaine organisation et une efficacité sans faille. L'affiche du Pagan Fest de cette année était on ne peut plus séduisante, mais à vouloir faire jouer tout ce petit monde, la production a décidé d'ouvrir les hostilités bien trop tôt à mon goût.

Ainsi, une partie de l'auditoire arrivera à peine que le premier groupe, Swashbuckle, sera déjà sorti de scène. Sans importance me direz-vous, ce groupe est quasi-inconnu au bataillon et leur album n'a pas fait grande sensation. Détrompez-vous, malgré une assistance maigrelette, les américains ont donné le meilleur d'eux-mêmes, et nous ont proposé une prestation remarquable. Leur musique, assez banale sur disque, prend toute sa profondeur et son importance sur scène. Les déguisements et autres techniciens déguisés en perroquet géant ou en requin (dont la gueule laisse entrevoir deux jambes d'un malheureux plongeur) donnent une touche humoristique vraiment sympa à l'ensemble. Ajoutez à cela un remue-ménage remarquable sur scène, alors qu'ils ne sont que trois au départ, et vous obtenez 30 minutes de pur plaisir. Personnellement, c'est l'une des grandes satisfactions de la soirée, contre toute attente.

C'est ensuite au tour des canadiens d'Ex Deo d'entrer en scène. Armures en bronze (enfin, soi-disant…), tuniques de cuir et légion romaine envahissent le décor. Il n'est pas question ici de gros effets spéciaux et de budgets colossaux, le tout est très minimaliste mais est largement compensé par la présence scénique des pseudo-latins. Le rendu est satisfaisant, le groupe fait son boulot sans non plus en rajouter des tonnes (quoique…). Une demi-heure de musique et hop, au suivant. C'est un des points noirs de la soirée. Personnellement, j'aurais préféré moins de groupes pour pouvoir leur donner à chacun un laps de temps sur scène un peu plus important.

Alestorm entre sur scène. A peine le temps de commencer à jouer que la moitié du groupe est déjà torse nu. La joyeuse bande n'ayant pas la plastique de boys band des 90's, le résultat en est d'autant plus chaleureux, et l'on se sent encore un peu plus proche d'eux (haha !). Il n'y a pas de secret, le pirate metal a ce petit truc convivial qui fait qu'un concert change tout de suite d'ambiance. Les musiciens emplissent la salle de bonne humeur par leur musique mais aussi par le jeu de scène de rigueur, avec notamment l'intervention par deux fois des pirates de Swashbuckle. Tout simplement excellent.

Au tour du groupe allemand dont je n'écrirais plus le nom pour cette fois, quelle idée de trouver un patronyme pareil ! 1500 points au scrabble avec ça ! Bref, la soirée défile et présage des instants plus intenses les uns que les autres. L'attente est importante envers cette formation et la salle se remplit quasiment pour la première fois de la soirée. Et visiblement, l'instinct collectif était dans le vrai. Les teutons sortent une prestation remarquable et provoque des mouvements de foule sans précédents dans la soirée. La diversité de leur programme est enrichissante et apporte une autre dimension au show. On ressent pleinement le changement de registre et de niveau, nous sommes à présent dans la cour des grands. Malheureusement, trop court encore à mon goût, ¾ d'heure et puis s'en vont… Dommage.

Avant dernier groupe à passer, Unleashed est un peu l'intrus de la soirée. Pratiquant un death metal très carré et loin d'être folk ou pagan, leur style différait de façon trop importante avec le reste de l'affiche à mon goût. Cela fut d'ailleurs fatal à certains spectateurs qui, renonçant à la fin du concert, n'attendront même pas l'arrivée de Korpiklaani pour partir. Il faut dire que le fest a commencé il y a déjà quatre heures et que les jambes s'alourdissent. Personnellement, je juge donc la prestation des suédois en demi-teinte, tout simplement parce que ces derniers étaient bien incapables d'apporter autant de bonne humeur et de chaleur à travers leur musique que les autres groupes en présence ce soir-là. C'est LE hors sujet de la soirée pour moi.

Enfin, après quasiment 4h30 d'attente, la tête d'affiche fait enfin son entrée sur scène. On s'attend à un spectacle grisant, une ambiance de feu et un groupe survolté… Eh bien, il n'en est rien ! Est-ce l'effet « concert » et non pas « festival » où on a tout de même plus l'habitude de les voir qui donne ce résultat ? En tout cas, la moitié de la formation parait presque amorphe sur scène. Seuls les gratteux essaient de mettre l'ambiance, mais cela reste difficile quand le reste de la bande ne suit pas et que les morceaux sont loin d'être tous énergiques… Grosse déception en perspective donc. Pour leur défense, il se peut que la tournée demandant de l'endurance les ait quelque peu éreintés, mais dans ce cas, qu'en est-il des autres groupes… Vous l'aurez compris, l'effet très positif du groupe dans les festivals d'été s'est égaré et n'était en tout cas pas à Lyon ce soir-là.

Quasiment 1 heure du matin, je sors enfin de la salle, vidé. 5 heures et demi de concert, c'est à mon goût bien trop long. Il y aurait d'ailleurs eu possibilité d'enlever un ou deux groupes de l'affiche pour rendre le tout plus digeste. En tout cas, c'est l'impression d'un spectateur. Vous l'aurez compris, c'est un bilan en demi-teinte que j'attribuerais au Pagan Fest 2009, avec une grosse surprise en la personne de Swashbuckle, des confirmations et quelques petites déceptions. Quoiqu'il en soit, personne ne peut dire qu'il n'en a pas eu pour son argent ce soir-là.

Xavier



Adresse : ULTRAROCK 13 avenue Charles De Gaulle, escalier D, 78320 Le Pecq - France                                  E-mail: ultrarockcontact@free.fr                                  Design : www.essgraphics.fr