Tout d'abord comment se sont passées les dates avec Nightmare et Hydrogyn ?
C'était vraiment super. Nous avons joué dans des conditions optimales, surtout à Nancy où nous étions à domicile avec pas mal de potes. On a pu discuter avec Hydrogyn, faire les cons avec nos compatriotes de Nightmare et Kragens. C'était vraiment excellent et surtout une bonne opportunité pour nous. Ce genre d'expérience est à réitérer d'urgence ! A notre niveau, dénicher ce genre de première partie, c'est ce qu'il nous faut pour avancer.
A ton avis, ce nouvel album marque-t-il une progression vers un style Elvaron que tu souhaiterais atteindre ?
Au niveau musical, oui, c'est indéniable. L'album représente un réel aboutissement dans le sens où c'est exactement le résultat que j'avais en tête. A nos débuts, faute de moyens, de technique et tout simplement de maturité, nous étions loin de ce que nous avons atteint sur GCS. Le style a évolué, s'est affiné pour proposer aujourd'hui la musique que je veux entendre. On a eut cette discussion justement avec Nico (basse) d'aller vers une musique qu'on a réellement envie d'entendre, de composer et de jouer. Le plaisir avant tout avec, en plus, un résultat qui n'a pas à rougir de la concurrence internationale en terme de production.
D'où te vient cette idée de concept dont découle « Gravitation system control » ?
Dès qu'on a entamé les sessions de composition, nous savions que toute l'imagerie héroïc-fantasy qui nous collait à la peau depuis Mages Battle serait abandonnée. Nico et moi sommes ce qu'on appelle des « gros » lecteurs, moi plus particulièrement dans le registre anticipation et science-fantasy. C'est donc dans cette voie que j'ai entraîné mes camarades. Donc nous avons gardé en tête cette idée d'anticipation au moment de l'écriture. Alors même si la musique reste du pur Elvaron, il y a quand même beaucoup d'évolution dans l'approche de l'écriture. Ensuite, comme je ne vois pas un album autrement que dans le cadre d'un concept, j'ai souhaité collaborer directement avec un auteur français qui écrirai une nouvelle spécifiquement pour l'album. Je suis entré en contact avec Asphodel un peu par hasard. La musique lui a plu et lui a donné l'inspiration nécessaire pour écrire la nouvelle. Elle a écrit CGS, en français et j'en ai fait GCS après un travail de traduction et d'adaptation.
Cette histoire au thème futuriste et à l'ambiance apocalyptique inclut de véritables personnages et tu as donc fait appel à plusieurs invités, comment s'est décidé le choix de ces derniers ?
Au fur et à mesure de l'écriture, Asphodel me disait « j'ai fait intervenir un nouveau personnage, ça ne te pose pas de problèmes ? ». Et on a eut l'idée de faire intervenir plusieurs chanteurs pour rendre l'ensemble plus cohérent, une sorte d'opéra rock en fait. Je ne tenais pas non plus à accorder une trop grande place à ces intervenants pour que le tout soit restituable sur scène mais je voulais encore une fois me faire plaisir. Il se trouve que Seyminhol, Innerchaos, Falkirk et Distress sont les rares groupes français que j'apprécie assez pour avoir l'intégralité de leurs discographies, héhé. On a partagé quelques scènes, créé des liens et donc ce sont vraiment des potes que j'ai convié sur ce disque. Chacun a eut carte blanche pour poser son chant, le tout étant que chacun garde son style, sa patte et je crois que c'est plutôt réussi. Et puis j'ai aussi fait appel à mon frère qui fait de la musique depuis quelques temps mais qui est surtout l'instigateur de mes goûts musicaux.
Elvaron s'installe comme une valeur sûre de la scène métal française, est-ce quelque chose que tu ressens ?
Hey, je prends ça comme un compliment, merci ça me fait plaisir. En fait, ces derniers jours je me suis plongé dans la biographie de Corine Marienneau, la bassiste de Téléphone. Ca m'a fait énormément relativiser le statut des autres groupes français par rapport a ce monstre qu'était Téléphone, héhé. Donc quelque part, dans l'underground de l'underground du progressif français, oui je pense qu'Elvaron est une valeur sûre. C'est très relatif. Mais savoir que quelques milliers de gens en France se procurent nos albums et apprécient notre musique c'est une véritable récompense pour notre travail. A mon niveau, aujourd'hui ce n'est pas de gloire dont je rêve mais de reconnaissance.
Quels sont les premiers échos des médias à propos de l'album ?
Dans l'ensemble très bons même si certains ont encore du mal avec mon approche du chant. Nous faisons une musique technique qui se rapproche en cela du progressif mais nos racines sont également dans le heavy et le thrash. Je crois que les médias s'attendent à du Dream Theater avec James Labrie, alors qu'on tendrait plutôt vers un mélange Megadeth et Rush. Nous avons décroché quelques chroniques et interviews qu'on espérait plus, notamment chez tes confrères de Hard Rock Magazine. Bon ça n'a plus rien à voir avec la mouture des années '90 mais c'est quand même le magazine que j'achetais quand j'étais ado et ça a vraiment du sens pour moi, une sorte d'aboutissement. Et puis tous les médias qui nous ont supporté jusqu'à maintenant continuent de le faire, comme vous chez Ultrarock et ça aussi c'est un aboutissement.
Mathieu, tu es impliqué ou à l'origine de plusieurs projets tels Akroma (Black metal), Louka (Rock). Tu sembles un véritable boulimique de créations musicales, où trouves tu les ressources nécessaires pour mener à bien ces projets ?
J'ai besoin de créer. J'ai aussi besoin de trouver un exutoire à toutes mes compositions. Je n'ai plus envie de me mettre des barrières : trop rock, trop metal, trop extrême. Tout ça maintenant rentre dans des projets bien définis et surtout qui aboutissent à du concret, que ça soit des albums ou des concerts. Je suis comblé comme ça, je vis ma passion de la musique et de la guitare à fond. Je ne veux surtout pas avoir de regret de ne pas avoir fait telle ou telle chose musicalement.
Tes acolytes au sein d'Elvaron sont-ils impliqués au sein d'autres projets et lesquels ?
Fred est intermittent donc il a plusieurs groupes : musette avec accordéon ou animations de soirées avec des ensembles plus complets. Il joue aussi dans un groupe de rock avec ses potes dans les vosges. Les mecs avec qui il joue sont des tueurs avec de nombreuses années de pratique. Lindsay bosse pas mal son piano au conservatoire, elle chante aussi avec le chœur de l'institut de musicologie mais elle n'a pas d'autre « groupe ». Nico est sur un projet depuis quelques années mais il revient souvent en arrière donc ça change tout le temps. Sauf le nom, qui est fixe : Bob The Wizard. On a enregistré un album en 2004 aussi sous le nom de MoXiD dans lequel je suis à la batterie et lui à la guitare mais pour l'instant le mixage est encore en suspend, si on trouve un label intéressé par ce projet, on sortira peut être l'album en 2009…
Ess