CHRONIQUES      INTERVIEWS      LIVE REPORTS        AGENDA       EMISSION

    
c   h   r  o   n   i   q   u   e   s
 

 
TOOL Fear Inoculum

Enfin.

Voilà, c’est dit. Maintenant, plutôt que de se gargariser une fois de plus sur la fin des treize ans d’absence de Tool, plongeons tout de suite dans cet album : ‘Fear Inoculum’.

Ce qu’on remarque dès le premier morceau, ‘Fear Inoculum’, c’est que le groupe prend une tournure plus psychédélique et encore plus progressive que d’ordinaire. Les morceaux, et le premier en est un parfait exemple, sont plus étirés et contribuent à faciliter l'immersion dans la musique. Le procédé est à la fois discret et intelligemment pensé, si bien que, plus on avance dans l’album, plus les morceaux sont longs, avant d’arriver bien sûr à l’interlude de quatre minutes ‘Chocolate Chip Trip’ qui nous fait du coup perdre nos repères, ce qui, je pense, était l’effet escompté.

Le deuxième morceau ‘Pneuma’ sera toute aussi étiré mais déjà plus marqué par le rythme. Et, à partir de là, chaque morceau marquera une progression dans l'intimisme. On verra même, dans 'Descending' et 'Culling Voices', des structures éminemment dramatiques où le groupe érige des spirales émotionnelles et où Maynard James Keenan délivre des lignes de textes à la limite de la supplication.
Les morceaux sont construits tout en crescendo (ou decrescendo, émotionnellement parlant...) et on écoute la fin de chaque morceau (souvent marqués par des motifs rythmiques très secs) avec l'agréable sensation qu'on ne pouvait pas faire plus ni aller plus loin que ce qu'on vient d'écouter.

Peut-être plus qu'avant, Tool nous prend au cœur. Avec ces longs morceaux, on sent plus que jamais la densité de sa musique. Ce que faisait le groupe auparavant, c’était nous marquer avec des chansons plus courtes, labyrinthiques et percutantes, là où « Fear Inoculum » prend un chemin décrit par beaucoup comme plus « mature ». Au revoir la frénésie d’un « Ænima » et la claustrophobie d’un « 10,000 Days », ici Tool prend son temps pour tout construire et chacun des sept morceaux représente un monument à part entière qu’il devient impossible de dissocier des autres.

Vient mon analyse purement personnelle de l’album, dans lequel chaque chanson représente chaque chapitre d’une vie : la naissance (‘Fear Inoculum’), le développement (‘Pneuma’), l’adolescence (‘Invincible’), les expériences et les déceptions (‘Descending’), la dépression (‘Culling Voices’), la démence (‘Chocolate Chip Trip’), et la lutte pour sortir de la ‘7empest’.

Je limiterai ici mes mots pour parler de cet album. Car pour Tool, comme pour bien d’autres groupes qui tirent leur force du mystère et du mythe qui les entourent, le mieux reste d’écouter par soi-même et de formuler son ressenti par ses propres mots. Quoique les mots ne sont pas forcément nécessaires.


Le site  : https://toolband.com/

Adel


  © essgraphics 2011