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i   n   t   e   r   v   i   e   w   s
 
A B B A T H



Interview réalisée par Emmanuelle NEVEU le 12 avril à Paris.
 

C'est toujours un plaisir de rencontrer ABBATH, la légende norvégienne du Black Metal qui sort « OUTSTRIDER » son deuxième album chez SEASON OF MIST le 5 juillet prochain.

A chaque rencontre, comme le whisky qu'il affectionne, il se bonifie et reste insaisissable. Pas trop sérieux, seulement lorsqu'il s'agit de sa musique, il rebondit de réflexions en thèmes musicaux. ABBATH… il faut suivre !

Il est entouré aujourd'hui de Simon DANCASTER (textes) et Ole Andre FARSTAD (guitare).



Je vais débuter cette interview d'une manière singulière. Voici une photo de mon gâteau d'anniversaire de 2017 réalisé par THE VI CAKE FACTORY. (NDLR : Il s'agit du portrait d'Abbath en forme de gâteau au chocolat). Qu'en penses-tu ?

C'est tout simplement génial et très bien réalisé, c'est brillant. J'adore. Je me sens humble devant ce gâteau. Je vais le montrer à tout le monde !!

On voit souvent ton image photoshopée de différentes façons, quel est ton sentiment à ce propos  ?

« I'm so bad Baby I don't Care »…. Et de sa voix grave de chanter …« je suis comme un lion brulé sur le toit des montagnes » ….

Tu sais ABBATH, c'est aussi cela. A 18 ans, la première fois que je me suis maquillé tout en noir, je me suis regardé et j'ai trouvé que ca n'avait pas de panache. J'ai cherché un truc avec le blanc et Abbath est apparu. Je n'ai réfléchi à rien, ni à Black Sabbath. Il est né comme ça, c'était juste ABBATH.

Et lorsque tu portes ce corpse paint, tu es quelqu'un d'autre ?

Ce n'est pas exactement un corpse paint, plutôt un warpaint (peinture de guerre) mais ça ne change rien je représente ABBATH maquillé ou pas. Je ne deviens pas subitement un autre. Ce n'est pas un masque c'est une expression de moi même.

Tu t'es trouvé à 18 ans, c'est plutôt jeune et ce fut de bon augure pour la suite, n'est-ce pas ?

Oui, je voulais être Gene SIMONS depuis l'âge de 6 ans mais c'était déjà pris. Ca rendait fou mes parents.

Tu as pu le rencontrer ?

Oui de loin en backstage au Grasspop, ce fut un coup de poignard dans le ventre, j'ai crié son nom et instantanément, lorsqu'il m'a fait un signe, je me suis retrouvé à l'âge de 6 ans (ahah).

Ta famille était branchée rock ?

Ma grand mère était focus sur la radio et la TV et le titre « Blueberry hills » m'a beaucoup marqué (NDLR : il le chante à présent de sa voix inimitable pendant l'interview). Voici la première chanson de ABBATH (ahah). Le blues a été le début de ma quête musicale.

C'est amusant de découvrir ce pan de ta vie. Tu es quand même une légende vivante, précurseur du black métal norvégien, ce n'est pas rien ?

Quand j'y repense c'est fou car on a vécu des moments tellement intenses. Nous n'étions qu'une bande de jeunes de Bergen au tout début. Beaucoup de belles choses avant les ridicules et horribles, se sont produites. Je ne suis jamais rentré là-dedans.

Simon (NDLR : Simon DANCASTER qui se trouve à côté de moi) qui écrit les textes de notre dernier album te le dira, l'opportunité qu'on a tous eue à travailler ensemble nous a forgés.

Je voulais revenir sur la façon de travailler sur le dernier album d'IMMORTAL que vous avez expérimenté avec Peter Tadgren. Il semblerait que ce dernier ait amorcé un vrai tournant professionnel qui ressort aujourd'hui dans ce nouvel album d'ABBATH, une nouvelle façon de voir les choses ?

Ce fut facile de continuer ce process amorcé, l'expérience. La différence majeure à présent est la proximité qui s'est instaurée rapidement entre l'écriture de Simon et moi-même.

Simon a travaillé deux fois plus vite sur cet album, je chantais deux fois plus vite pour le suivre. C'était fou de travailler comme cela. Les vieux riffs se sont réveillés, encore plus rapides. La cover de BATHORY « Pace till Death » est aussi géniale. On s'est tous dit que cet album allait sonner comme un ouragan (NDLR : très NWOBM et mélodique).


La vidéo de « Harvest pyre » en noir et blanc réalisée par Simon est très réussie, j'imagine que vous êtes plutôt fiers ?

Elle a beaucoup de substance je trouve.

Je ne voulais pas des paroles qu'on aurait pu faire dans IMMORTAL. On parle dans « OUTSTRIDER » de se battre contre nos propres démons. ABBATH est au cœur du conflit en un certain sens. Comme au cœur de l'ouragan avant la déflagration.

Ole (Andre FARSTAD), tu as fait pour ABBATH quelques titres en guest précédemment. A présent tu intègres le groupe. Lorsque tu poses tes guitares sur ces titres, les sens-tu rageuses ?

Non, du tout, plutôt dans l'énergie musicale. Cela fait des années que je n'ai pas joué de métal et revenir à cette énergie est pour ma part une énergie plus élégante qu'agressive.

ABBATH, tu as remanié le line up en incluant un atout de taille avec Ole de manière permanente ?

Mon chant reste plus agressif mais la partie guitare est tellement plus subtile. Sans prétention je suis très fier de notre trio. On est devenus, dans un certain sens, plus sexy.

Emmanuelle NEVEU pour ULTRAROCK, avril 2019, on aurait pu continuer longtemps cette interview…..





   

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